Depuis la révélation de Silvio Berlusconi se sont écoulés des jours, des mois et des années. Période durant laquelle les mots doux destinés à Ronaldinho n'ont jamais manqué du côté du club lombard. De Berlusconi à Galliani, de l'entraîneur Ancelotti au meilleur joueur du monde et coéquipier de séléction Kakà. Ronaldinho tout sourire se contentait de remercier et de repréciser que malgré tout il se sentait bien en catalogne et que rien ne le poussait à quitter cette ambiance particulière. Durant ces années, San Siro accueillera tout de même Ronaldinho, que ce soit pour le jubilé de l'ancien Demetrio Albertini ou les matchs de Champions League. A San Siro, le public connaisseur à toujours su réservé au "Gaucho" l'accueil dont il méritait. Les images rares d'un public adverse qui vous applaudit, des sensations particulières et inattendues qui ne peuvent laisser de marbre. Ainsi, Ronaldinho fît la déclaration suivante : " Je suis très bien au Barcelone. J'espère terminer ma carrière dans ce club mais dans la vie on ne sait jamais. Une chose est sûre, si je devais partir un jour, je n'oublierais jamais l'accueil de San Siro".
De cette déclaration quasi anodine en sortiront des été que plus caliente. De plus, les relations Ronaldinho-Rijkaard semble se compliqués dès la saison 2006-07 ce qui poussera Berlusconi et les siens à faire une première approche par le biais de déclarations dans les médias. Mais Laporta ne veut rien savoir, on ne touche pas à son joyau, même si il sort d'une Coupe du Monde en demi teinte et une saison mitigée, ça reste le Ballon d'Or en titre. La saison suivante, les conflits entre Ronaldinho et Rijkaard se confirment et instaurent un climat pesant en catalogne. La situation milanaise est en revanche quelque peu différente puisque l'équipe vient de monter sur la plus haute marche d'europe à Athènes et qu'elle dispose désormais du nouveau meilleur joueur du monde en la personne de Kakà. Mais le rêve de Silvio ne disparait pas sous les trophées. Ainsi, il réitère une proposition pour le Barcelone et lance la bombe de l'été en se disant prêt à mettre 100 millions d'¤ pour Ronaldinho. Laporta commence à y réfléchir mais cela ne durera pas longtemps. Car après tout, si Silvio à ses rêves, Laporta a également les siens. Le grand rêve de Laporta se résume dans le fait d'aligner "4 fantastiques" sous le maillot du FC Barcelone, dans l'espoir de retrouver un niveau pouvant amener de nouveaux trophées. Son rêve il va le réaliser en faisant signer l'attaquant d'Arsenal, Thierry Henry. Henry, Eto'o, Messi et Ronaldinho : Laporta tient ses 4 fantastiques.
A l'aube de la saison 2007-08 on peut faire un constat : Laporta a réalisé son rêve, Berlusconi non. Malheureusement, en réalisant son rêve le président catalan à oublier une autre citation fort connue : " La réalité dépasse parfois la fiction ". C'est en effet ce qui se produira. Les "4 fantastiques" joueront quasiment jamais tous ensemble pour cause de blessures de l'un ou l'autre des joueurs ou encore d'autres problèmes extra-sportifs, mais ce n'est pas le pire. Le pire c'est que les résultats ne suivent pas les pronostiques du début de saison, le Barca ne casse pas la barraque et les joueurs clefs de l'équipe commence à se tirer dans les pattes. L'ambiance qui se respire du côté du Nou Camp deviendra vite bien trop pesante et comme très souvent dans ces cas là, il faut trouver un bouc émissaire. Elément qui répondra en la personne de Ronaldinho. Oui, c'est bien l'ancien "Roi" de la Catalogne qui portera le chapeau des mauvais résultats de l'équipe et de la mauvaise ambiance dans le vestiaire. Dès lors, la presse espagnole lui reprochera tout ce qui passait pourtant inaperçu les saisons ou tout allait bien. A savoir, ses méthodes d'entraînement (plus souvent sur la plage avec un ballon que sur les terrains), ses arrivées tardives et autres manquements professionnels. Vous imaginez donc bien qu'à partir de là tout va se dégrader très rapidement et chaque petites altercations couvrira les unes des journaux du lendemain. Une situation insoutenable qui fera même perdre le symbolique sourire de Ronaldinho. Quant un brésilien ne sourit plus rien ne va plus c'est connu.
Comme vous l'aurez donc compris par le biais de ce bref retour dans le temps, l'idylle Ronnie-Barca des 3 premières saisons c'est donc transformée en situation cauchemardesque lors des deux dernières. A partir de là, les commentaires ont bien évidemment changé et la nouvelle saison catastrophe du Barcelone (qui devra même passer par les préliminaires de la Champions League) a donc amené Laporta et les siens à considérer le "cycle Dinho" comme terminé. Il partira c'est décidé.
Les oreilles de Silvio Berlusconi, redevenu entre temps chef de l'état d'Italie, se mirent à siffler. Les premiers contacts entre l'AC Milan et le FC Barcelone se feront par l'intermédiaire de la presse. La valeur qui serait donné à Ronaldinho s'élèverait à 50 millions d'¤. Connaissant l'intérêt des dirigeants rossoneri pour Zambrotta et Ronaldinho, la malice du président catalan Laporta, le poussera en effet à proposer un pack Zambro-Dinho pour la modeste somme de 50 millions ! Somme astronomique qui repousse même le bon samaritain Berlusconi qui se disait pourtant prêt à investir 100 millions d'¤ pour le joyau brésilien il y a de ça une année. Oui mais voilà, ce n'est plus le Ronaldinho au top de sa forme. En effet, lors de cette saison 07-08 Ronaldinho, souvent écarté, n'aura pas enormément joué ce qui en a fait perdre tout logiquement de sa valeur (mauvais calcul côté catalan). Dans un premier temps, les dirigeants rossoneri tiennent à dissocié l'affaire Zambrotta de l'affaire Ronaldinho. Choix qui se révèlera astucieux puisque pour Zambrotta tout se concluera rapidement avant même le début de l'Euro 2008. Pour Ronaldinho l'histoire est tout autre, les tactiques aussi. Galliani, vice président de l'AC Milan, jouera de toutes ses cartes pour faire baisser un maximum le prix demandé pour Ronaldinho. Laporta en souhaite 40 millions rien que pour le Dinho. Galliani propose 10 millions et ne tient donc absolument pas la distance. On se dit alors qu'avec un écart de 30 millions il n'en sera rien, impossible ! Sauf que rien est impossible et qui plus est quand le joueur ne veut entendre parler des autres propositions (Manchester City et Chelsea) puisqu'il ne désire qu'une seule chose : rejoindre l'AC Milan, comme il l'avait promis à la sortie du jubilé d'Albertini ("Si je dois quitter un jour le Barca, j'aimerais venir ici à Milan"). Galliani va cependant faire mine de se désinteresser définitivement du joueur (bien qu'il restera toujours en contact avec son frère-agent). L'objectif ? Faire baisser le prix et montrer la réalité à Laporta pour qu'il comprenne qu'à Ronaldinho les ponts d'or de Manchester City ne l'intéresse pas le moins du monde ! Du côté de Milan de nouveaux objectifs vont tomber dans la presse : du retour de Shevchenko à Drogba, de Samuel Eto'o à Adebayor. Cependant, les prix ne sont guères moins conséquents que celui souhaité pour Ronaldinho. Les affaires stagnes et personne n'arrive du côté de milanello ce qui a pour résultat de créer un climat de tension chez les tifosi rossoneri qui protestent et qui pour la plupart se refusent de faire l'abonnement tant que "le grand attaquant" (promis par Galliani en fin de saison passée) n'aura pas signé. Jeudi 10 juillet la lumière semble s'allumer pour Galliani qui est invité à rejoindre Arsène Wenger pour discuter d'Adebayor. Le prix demandé pour l'attaquant d'Arsenal était au départ de 45 millions d'¤, mais devant le manque d'appel de la part de demandeur, son coach Arsène Wenger a décidé de baisser son prix quasiment de 50% ! Le prix souhaité serait à présent de 28 millions d'¤. Malgré le fait qu'il manque peu de jours à la présentation officielle de la nouvelle équipe (on prévoit des lancés de tomates aucun "mr.X" ne devait arriver entre temps..), ce prix reste encore élevé aux yeux de Galliani. C'est alors que va arriver la réelle lumière. Le vendredi 11 juillet alors qu'il a rencontré Wenger il reçoit un coup de téléphone de Roberto De Assis (frère-agent du joueur) qui l'informe qu'afin de régler la situation au plus vite, il est d'accord de ne demander un contrat "que" de 6.5 millions par année et ce pour 2 saisons (à la base il souhaitait un contrat à plus longue durée). C'est le déclique décisif, Galliani prépare sa valise et s'envole pour Barcelone, accompagné du fidèle conseiller des transferts Bronzetti.
La suite de l'histoire vous la connaissez tous déjà par coeur, si cela ne devait être le cas sâchez que vous pouvez retrouver le détail des 2 jours (Lundi 14 et Mardi 15 Juillet) de négociations en Espagne dans l'article suivant.
Ronaldinho est donc officiellement un joueur de l'AC Milan. Pour l'annoncer de manière officielle, nous avons opté pour le slogan "I sogni a volte si realizzano". Parce que c'était le rêve caché de Silvio Berlusconi depuis des années, parce que c'était le rêve de Ronaldinho et enfin parce que c'était le rêve de nombreux supporters de l'AC Milan ou encore des amants du football italien tout simplement. Des temps qui courent, le fait d'obtenir la signature d'un joueur ayant un talent incommensurable n'est bien évidemment pas banal pour la Serie A. Ronaldinho veut se remettre en question dans un club qui tout comme lui, sort d'une saison difficile. l'AC Milan parie croit au retour en tête d'affiche de la part du "Gaucho" et lui-même ne veut pas décevoir, dans 2 ans il y a une Coupe du Monde qui se joue (probablement sa dernière) mais tout reste à faire. Pour faire partie de la fête sud-africaine il faudra que Ronaldinho retrouve ses sensations et sa condition physique, il faudra qu'il s'intègre dans une équipe accueillante mais déjà bien garnie en terme de grands joueurs, il faudra qu'il arrive à gérer les matchs difficiles en province avec des défenses qui ne feront que de se fermer et tapper dans les chevilles. S'il y arrive on peut être sûr que la Serie A aura gagné un nouvel artisan, l'AC Milan aura gagné son pari et Ronaldinho se retrouvera sur les terrains de la Coupe du Monde 2010 pour sa dernière Coupe du Monde. Les tifosi milanais attendent de lui l'allegria, le sérieux, l'envie et les prestations digne de son talent. Ronaldinho attend de Milan une ambiance chaleureuse qui sache le soutenir à tout moment et ne lui fasse jamais reperdre le sourire qu'il a enfin retrouvé ce Mardi 16 Juillet 2008 à 23h lorsque l'accord entre l'AC Milan et le FC Barcelone est devenu officiel, lorsque son rêve s'est réalisé.
