Dimanche 16 mai 2004, Stadio San Siro, Milan-Brescia dernier match de la saison, plus de 80'000 spectateurs se lèvent pour applaudir et hurler son nom et prénom... Non Kakà ne vient pas de marquer, non le Milan n'est pas encore champion d'italie (même si cela arrivera sous peu) c'est bel et bien pour un remplacement que les gens se déchaînent dans une après-midi ensoleillée et très émouvante.
Ce jour-là, le match se termine à sa sortie, il reste effectivement peu de minutes à la conclusion définitive de la partie, mais les dés sont jetés le Milan mène 4-2 et remportera donc sans problème son 17eme scudetto, mais les gens n'y sont plus, milanistes ou bresciani il n'y a plus de frontière, parce que vient de sortir une figure, LA figure de l'italie de ces 10-15 dernières années, Baggio sort sans faire de bruit, un geste de remerciement en direction des spectateurs et via dans le tunnel...
Cette image là est restée gravée dans les mémoires, cette image fût intense pour tous que ce soit pour ceux qui ont eu la chance d'être au stade ce jour-là (heureusement j'y étais), ceux qui étaient devant leur poste de télévision ou même ceux qui écoutaient l'évènement à la radio... Cette image à tout simplement donné des frissons à tout passionné de football qui se respecte.
L'image de ce dieu vivant qui rentre dans ce tunnel est forte, elle est forte car elle peut être l'emblème de ce qu'on a pu voir de Baggio depuis ce fameux 16 mai 2004 à aujourd'hui 18 février 2007... 3 années sont pourtant passées mais Roby a fait très peu pour ne pas dire aucune intervention publique, il l'avait dit qu'une fois parti il prendrait du recul mais comment le croire avant de le voir ? Ils le disent tous ça... Puis après se reconvertissent dans tout et n'importe pour se faire voir ! Lorsque certains tombent dans la consommation de stupéfiants, d'autres deviennent instables au niveau familial et enchaînent des conquêtes sans lendemain mais ce ne sont que de petits exemples. Et donc une fois de plus, si la chose devait encore être prouvée, Baggio nous a montré qu'il était un homme de parole.
Aujourd'hui il fête ses 40 ans. Auguri. De ses 40 ans j'aurais eu la chance d'en connaître uniquement 11. 11 petites mais intenses années qui m'ont tout apporté, joie, tristesse, frustration, engouement, fierté, déception, fanatisme mais aussi et surtout une passion. La fameuse passion qui a poussé ce jeune homme qui a 16 ans se rompait entièrement un genoux à revenir au top malgré tout les dits pessimistes des médecins, cette passion qui l'a poussé à se remettre en question à maintes reprises et à revenir prouver à tout le monde qu'il était là et bien là, cette passion là il aura réussi à la transmettre à beaucoup de monde, à moi en tout cas et c'est pour cela entre autre que je me permet d'écrire les quelques lignes qui vont suivrent histoire de mettre noir sur blanc une fois pour toute, tout ces flash qui passent et repassent dans mes pensées à tout moments...
On m'a souvent demandé comment on devient aussi fou pour une personne qu'on ne connait même pas, j'ai jamais réellement pris le temps d'y répondre tout simplement parce que ce genre de chose ne s'explique pas au tac au tac, il faut du temps, beaucoup de temps, c'est un ensemble de sentiments qui ont grandi jour après jour.
On le sait bien, un enfant est naïf, les plus beaux rêves se font à ce stade là de la vie, et pour rêver quels ingrédients faut-il ? Le rêve peut être constitué d'un fait, d'une image ou comme dans mon cas d'un personnage. Pour éblouir les yeux d'un enfant il en faut beaucoup et peu en même temps. Le jour ou mes yeux ont brillés pour ce personnage ils ne se sont plus jamais éteint. Lorsque je l'ai vu pour la première fois, j'ai compris, j'ai compris ce que je pouvais comprendre du haut de mes 5 ans bien sûr, mais j'ai compris que ce bonhomme à la queue de cheval qui inscrivait ce but contre la Suisse n'était pas qu'un simple joueur de ce fameux jeu ou 22 personnes courent après un ballon pour la mettre dans un filet.
A partir de ce fameux soir de 1993, je le dis fièrement et sans sous-entendu, Oui ma vie a changé, ma vie a pris une tournure différente, ma vie s'est imprégnée d'un sens, même si tout cela je le comprendrai bien plus tard avec le recul nécessaire.
Souvent on me rabâche le brésilien Pelé dit "O'Rei" ou l'argentin Maradona. Je fais exprès de parler d'eux à la 3eme personne tout simplement parce que ça illustre bien mes pensées sur ces deux joueurs, moi je n'ai pas connu, oui bien sûr depuis on aura pu revoir quelques matchs, quelques actions, quelques buts notamment mais qu'est-ce que moi, Mike né en 1988 j'ai avoir ou peux juger sur des faits et gestes que je n'ai pas vu de mes propres yeux que je n'ai pas vécu en direct ? C'est pourquoi je me permet uniquement de dire que oui, ce sont de grands joueurs mais pour moi Baggio c'est le must, j'aurai certainement jamais rien vu de Maradona et encore moins de Pelé si j'avais raté ce match en 1993, tout simplement parce que si je suis venu à me passionner de ce sport je le dois au Codino.
1993 > 2004, 11 sont donc passés, 11 ans à boire,manger,dormir baggio, 11 ans à faire le tour de la maison à chacun de ses buts, 11 ans à pleurer, à crier pour ce joueur que je ne connais même pas ? Pourtant je pense en connaître bien plus de lui que de moi au final ^^
Bien souvent les dimanches, me venaient cette question : " Mais comment tu vas faire le jour ou il arrêtera ? "
Cette question elle m'est venu dès que j'étais dans la mesure de comprendre qu'un joueur de foot n'est pas éternel, qu'il arrive un moment donné ou il arrête de faire rêver ses fans, qu'il arrive un moment ou il passe sous le fameux tunnel et n'en ressort plus ou du moins plus pour faire enthousiasmé les foules.
L'après Baggio a été très dur, la 1ere année surtout, la plus dur à mon goût, plus dur que de devoir défendre Roby après son penalty face au brésil, plus dur de le voir se blessé, plus dur de ne pas le voir convoquer en nazionale, oui plus dur que tout ça réunit, pourquoi ? Tout simplement parce qu'après chaque délusion qu'on essuyait par le biais de ce joueur on savait pertinament qu'il allait tout faire pour revenir, mais là avec son départ la réalité a repris le dessus. Quand pendant 11 ans on suit un sport pour un joueur, on ne rate pas une ligne dans un quotidien, on a des frissons lorsque son nom est mentionné par un journaliste ou même lorsqu'un nom se rapprochant au siens figure dans un ouvrage scolaire, 11 années c'est beaucoup et le fait que cela s'arrête d'un coup fût vraiment très pénible.
Depuis ils se sont passé plein de choses, plus de mauvaises que de bonnes, malgré le trionfo a Berlino et la 4eme étoile, le foot a trop changé ou du moins j'ai été induit en erreur par Baggio, en devenant fou d'un tel joueur le contraste est d'autant plus flagrant en voyant le reste... Comment trouver son bonheur devant des joueurs qui s'inventent des douleurs imaginaires, qui passent plus de temps en boîte que sur un terrain d'entraînement, qui parlent à tort et à travers de tout et de rien. Alors après on pointe encore et toujours les supporters, je veux bien que la qualité d'une grande partie d'entre eux a baissé il y a beaucoup plus d'inconsciants, mais en rapport à comme le niveau footballistique a baissé c'est rien du tout ! Plus les années ont passées plus on a privilégié l'aspect médiatique à l'aspect sportif et c'est par ce phénomène là que je me suis sorti de l'immense vide que Roby a laissé dans ma vie, parce que en y réfléchissant bien dans un football comme ça je préfère le savoir sagement à la maison à s'occuper de sa famille...
J'espère que l'histoire de cet homme fera un jour l'objet d'un film, parce que des leçons, des morales, il y en a enormément dans cette carrière du prodige originaire de Caldogno. Des leçons de vie, d'éthique, de respect et tolérance et bien sûr des leçons sportives !
Un bilan de carrière très positif, même si avec tout ce qu'il a fait on aurait aimé le voir soulever une coupe du monde ou une champions league, mais dans cette histoire la morale rattrape toute sorte de palmares et la plus grande victoire de Baggio aura été celle d'avoir réussi à réaliser tout ce qu'il a réalisé avec une jambe et demi !
Quelques phrases
Si tu me dis que la famille c'est la chose la + importante alors je te répond que Baggio fait parti de la mienne !
L'histoire enseigne l'avant et après Jésus Christ, la mienne l'avant et après Baggio
Au teletexte, à la radio, à la télé ou au stade : Avec Baggio j'ai appris que la passion n'avait pas de frontière !
Baggio c'est comme Rocky, le dernier round il ne le gagne pas (Coupe du Monde) mais la morale l'emporte sur l'aspect sportif !
Meglio vincere un mondiale "alla Zaccardo" o perderlo "alla Baggio" ? Fate voi... {Masini}
On a peut être gagné notre 4eme étoile, mais on a perdu la plus grosse avec son départ !
Sa plus grande victoire est celle d'avoir pu réaliser tout ce qu'il a fait avec une jambe et demi !